Douleur et Anesthésie


La douleur lorsqu’elle nous atteint est omniprésente, et toujours nouvelle pour soi, alors qu’elle s’atténue vite dans la pensée des autres, même dans celle de nos proches. Elle est presque incommunicable.


«Le patient est toujours au-delà de ce qu’on perçoit de lui, écrit le philosophe Alexandre Jollien, il est au-delà de nos perceptions et de nos représentations».


Ajuster son propre degré d’empathie à la souffrance de l’autre est ce qui différencie le technicien de l’homme investi de l’art de soigner.


Si la souffrance accompagne l’histoire de l’humanité (mais pas seulement) depuis l’aube des temps, ce n’est qu’au début du XIXème siècle, en occident, qu’un dentiste américain Horace Wells eut l’idée d’utiliser un gaz, le protoxyde d’azote pour atténuer la douleur lors d’une opération.

Il s’agissait d’une extraction dentaire.


C’est un dentiste qui explore le domaine de l’anesthésie (le mot est un emprunt au grec anaisthésia «insensibilité» et à l’anglais anaesthesia répandu au 19ème siècle et le mot «anesthésique» en 1847 «dict. Bloch.puf»).


Ce même Gaz qui, savamment mélangé, fait un retour dans les cabinets dentaires les plus modernes, moins comme anesthésique, nous traiterons ce sujet plus loin, que pour affranchir les personnes les plus sensibles de la phobie du dentiste, atteintes de «stomatophobie» à divers stades.

     

Nos trois armes pour lutter contre cette véritable maladie de santé publique se résument à :

  • Manifester de la patience et de la douceur

  • Supprimer la présence de toute odeur spécifique dans le cabinet par la présence d’une climatisation travaillant en air neuf et à haut débit

  • Inhalation d’un mélange gazeux à base d’oxygène et de protoxyde d’azote médicinaux ( produit par la Société Air Liquide que j’ai été formé à administrer). Ces gaz médicinaux sont de vrais médicaments qui dispensent en douceur par simple inhalation leur vertu sédative et légèrement euphorisante. Pour illustrer leur douceur, par exemple, la conduite automobile ne pose pas de problème après la fin de leur durée de vie du MEOPA, dosée en fonction de l’intervention programmée. L’emploi du MEOPA (Mélange Équimolaire d’Oxygène et de Protoxyde d’Azote) connu sous le nom commercial de Kalinox est autorisé par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) sous la condition d’avoir reçu la formation et la qualification conforme aux dispositions de notre Ordre National des Chirurgiens-Dentistes (ONCD). Le MEOPA ne possède pas de contre-indication particulière. Il est, par exemple, également utilisé en obstétrique, ou pour l’injection d’acide hyaluronique dans le cadre de l’activité chirurgie esthétique de mon cabinet.

  • Sédation consciente. On associe divers moyens analgésiques qui rendent totalement indolores l’intervention. Il faut toutefois noter que le patient ne peut pas conduire après la séance et il doit être accompagné d’une personne adulte.

 

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